Conversation avec Imeldus N’Vekounou sur l’opportunité du financement participatif

Alors qu’il avait une carrière florissante en France en tant que juriste d’affaires dans un cabinet d’avocats, Imeldus N’Vekounou avait décidé de rentrer au Bénin et de se lancer dans l’entrepreneuriat notamment dans la levée de fonds. Dans cette vision, il intègre

AGETIP-Bénin où il dirige la Direction des Opérations tout en manageant sa société de levée de fonds, le FondsLab.
Au cours de sa conversation avec Adébissi Djogan dans le cadre de la première édition du Benin Investment Forum, il a mis l’accent sur les opportunités et les financements alternatifs au Bénin.
Selon lui, aujourd’hui, beaucoup de grandes entreprises ont compris que le potentiel est dans les jeunes entreprises. Malheureusement, ce potentiel immense reste

encore très peu exploité en investissements.
Par ailleurs, les entreprises ne manquent pas si tant d’argent mais de crédibilité et de confiance. Le véritable problème à son avis est que beaucoup de chefs d’entreprises sont plus des « porteurs d’idées que des porteurs de projets viables et rentables».

En effet, de l’idée au projet, il y a un réel gap à franchir. Une personne ou un jeune qui a une idée d’entreprise doit avant tout se poser la question suivante : à quel besoin ou problème de développement répond mon idée ? Il est important de questionner l’idée, de savoir concrètement à quel besoin elle répond. Il faut se demander si mon idée règle un problème ou un grand besoin. De là, découleront plusieurs autres idées qui à leur tour constitueront les bases du projet d’entreprise. Parce qu’on ne monte pas une entreprise avec une idée mais des idées autour desquelles l’entreprise va monter des projets et grandir.
Pour cela, il est important de tenir compte de ces quatre points clés :

  1. Il faut se demander quel est le grand problème de développement que l’idée veut résoudre, quel est le grand besoin identifié ?
  2. Ensuite, il faut conceptualiser l’idée, la documenter, l’analyser, en faire un plan détaillé
  3. Développer une marche, définir comment mettre en place les idées, les différentes étapes à suivre pour les concrétiser
  4. Enfin, mettre en place une réelle stratégie

Quatre facteurs sont déterminants pour la mise en place de cette stratégie :

  1. La crédibilité : Elle est déterminante à 50% soit la moitié du projet
  2. La stratégie de levée de fonds qui compte pour 20%
  3. L’idée 10 %
  4. Le Potentiel 20%

La crédibilité s’obtient notamment à travers les réseaux que ce soit les réseaux d’amis, de famille. Elle s’obtient également en se mettant avec ou sous une entreprise qui a déjà une bonne crédibilité.
En effet, les banques n’ont pas vocation à financer une idée. Elles ne sont pas faites pour financer la gestation d’une idée, d’un projet. Elles ne financent pas le rêve de quelqu’un. Elles n’interviennent que quand l’idée est génératrice d’argent, quand elle est crédible et rentable.

C’est pourquoi au début d’un projet d’entreprise, il faut lever ses ressources sur la base de son réseau d’amis, de famille, de proches ou via les fonds privés, les investissements d’impacts tels que l’USAID, la coopération canadienne en développement, ENABEL, TECHNOSERVE… Ces fonds financent les entreprises, les PME. De 2018 à 2024, ils disposent de 14 milliards de FCFA destinés au financement des entreprises.
Il est important que les entreprises s’informent sur l’existence de ces fonds et constituent des dossiers crédibles et de qualité pour y accéder au risque que ces fonds ne soient pas consommés pendant cette période de temps et qu’ils ne profitent pas concrètement aux bénéficiaires.

Source:https://www.foruminvestbenin.com/l-actualite/44-conversation-avec-imeldus-n-vekounou

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